Les recherches vont bon train sur le véhicule autonome sans conducteur et concernent aussi bien les grands constructeurs (Audi, Mercedes, PSA) que les équipementiers (Valeo, Delphi), mais aussi des nouveaux entrants issus du monde de l'internet (Google, Apple) ou du service de transport (Uber). Les enjeux semblent énormes (taxis ou bus sans chauffeurs, camions sans chauffeurs, absence de fatigue lié aux grands distances pour les particuliers) et la technologie avance à grand pas. Deux modèles s'affrontent: les nouveaux acteurs privilégiant une rupture (l'autonomie totale) et les constructeurs ou équipementiers automobile qui privilégient des solutions d'autonomie progressive. Mais la réglementation devra aussi évoluer pour autoriser des véhicules autonomes sur nos routes et les infrastructures devront être équipées pour permettre une communication vers les véhicules.

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Google Cars
Google expérimente, depuis plusieurs années, ses véhicules autonomes sur les routes des états-Unis. En 6 ans, la vingtaine de Google Cars a réalisé plus de 2.7 millions de km dont plus d'un million de km en autonomie totale. La particularité de Google est qu'il privilégié l'autonomie totale (long terme) alors que les constructeurs (BMW, Mercedes, Audi, ...) travaillent sur l'autonomie progressive (court terme). Google se donne 5 ans pour achever son programme, ce qui est sans doute optimiste. Google a obtenu l’autorisation de circuler en Californie avec son modèle autonome, mais uniquement à titre expérimental.

Tesla
Tesla souhaite rapidement développer un véhicule autonome sur la base de la Tesla Model D.

Uber
Uber, qui travaillait avec Google sur le concept de véhicule autonome, semble avoir des velléité d'indépendance et développerait sa propre solution. En particulier, Uber vient de déclarer que si Tesla parvient à mettre au point un véhicule autonome correspondant à ses besoins, la firme n’hésitera pas à passer une commande de 500.000 exemplaires. A terme, Uber souhaite de débarrasser de ses chauffeurs (à qui il reverse 80 % du produit de chaque course) pour augmenter ses bénéfices.

Apple
Apple, avec des bénéfices colossaux, recherche son prochain développement technologique et la voiture autonome en fait partie, au même titre que les lunettes connectées (dont la mise sur le marché a été retardée).

Audi
Audi travaille sur trois volets d'évolution : l'assistance à la conduite (déjà présent sur ceratins modèles), le piloted dring (autonomie du véhicule dans les embouteillages jusqu'à 60 km/h), intégré sur l'Audi Q7 et enfin l'autonomie complète, qui n'est pas envisagée avant plusieurs années.

Renault
Renault a réalisé un démonstrateur technologique "Next Two". Ce prototype reprend le design et le moteur électrique de la Zoé mais offre deux avancées majeures : un mode de conduite autonome - limité à 30 km/h pour le moment - et une connectivité poussée.La Next Two peut ainsi capter les signaux 2G, 3G et 4G mais aussi le Wifi et le Bluetooth.

PSA
PSA a développé une solution sur la Citroen C4 Picasso qui a été testée sur le circuit de la Ferté-Vidame par des journalistes. Si le prototype est opérationnel, quelques détails technologiques sont encore à peaufiner. Relié à une armada de capteurs prototypes (6 scanners laser, une caméra multifonction, plusieurs radars centraux avant et arrière et un GPS différentiel), il reconstruit l'environnement de la voiture pour en adapter la conduite. Les études concernant la sûreté du dispositif sont en cours également. PSA envisage, par exemple, d'installer des "boîtes noires" similaires à celles des avions pour savoir qui de la machine ou de l'utilisateur a "fauté".

Fiabilité des véhicules autonomes
Les Googles cars ont enregistrés 11 accidents mineurs où leur responsabilité n'étaient pas impliquées. L'accident typique semblant être le freinage rapoide face au feu rouge. Ces véhicules autonomes ont donc 6.5 accidents par million de miles, ce qui reste supérieur au statistiques enregistrées avec un conducteur humain (2 accidents / million de miles). Cependant, la comparaison semble faussée car la pluspqrt des accidents mineurs ne sont pas déclarés aux compagnies d'assurances et se règlent à l'amiable.

Évolution législative
Les véhicules complètement autonomes supposent également une évolution de la législation; modification de la convention de Vienne (port des 2 mains sur le volant), responsabilité du possesseur du véhicule où du constructeur en cas d'accident, ...

Modification des infrastructures
Pour permettre aux véhicules de se déplacer en toute sécurité et accroître leur champ d'autonomie, les infrastructures routières devront s'adapter et en particulier développer la communication V2I (Vehicles to Infrastructures). Ainsi, un feu rouge pourra envoyer un signal spécifique pour faciliter la prise de décision (nombre de secondes avant passage au rouge) et éviter par exemple un freinage trop brutal.

La résistance au changement des consommateurs
Comme la boite de vitesse automatique a du aml encore à s'implanter dans certains régions (Europe, ...), on peut penser que certains conducteurs souhaiteront continuer à conduire en mode manuel et n'adopteront pas rapidement les véhicules à conduite autonome.

On le voit, de nombreux verrous (techniques, législatifs ...) sont encore à lever pour arriver à des véhicules complètement autonomes. Mais la technologie progresse, de nombreux acteurs sont impliqués et cela semble être une tendance de fond pour l'automobile.

Alors, le premier véhicule totalement autonome pour 2025, 2030 ou plus tard. Difficile à dire.

Sources :
www.voitureautonome.com
www.lefigaro.fr