Le dégazage au rotor se pratique pour les alliages d’aluminium généralement dans la poche de transfert entre le four de fusion et le four de maintien machine.

Le dégazage est une pratique qui vient du moulage coquille gravité aluminium et de l’Allemagne pour la fonderie sous pression. Elle a commencé à se répandre en France dans les années 1990 et est utilisé aujourd’hui systématiquement par un certain nombre de fondeurs.

La durée de dégazage varie entre 3 et 5 minutes en fonderie sous pression. Un dégazage plus long (7 minutes ou plus) comme pratiqué en moulage gravité n’est pas utilement avéré. La durée de dégazage peut cependant être fonction de la propreté initiale de l’alliage d’aluminium dans le four de fusion (quantité de retour, propreté métal, …).

Une canne tournante en graphite est introduite dans le bain et est insufflé un gaz neutre (azote, …) qui se disperse en fines bulles et fait remonter en surface oxydes et gaz inclus. Un flux désoxydant (qui agglomère les oxydes) peut être rajouté pour améliorer l’efficacité.

Objectifs du dégazage au rotor ?

- Désoxyder : Faire remonter les oxydes et crasses en surface de poche (où elles sont ensuite enlevées)

- Dégazer: Faire remonter l’hydrogène dissous

Le terme dégazage est d’ailleurs « impropre » car l’impact de la désoxydation sur la santé des pièces est sans doute beaucoup plus importante (en fonderie sous pression) que celle du dégazage.

Il a été mesuré que la santé pièce est améliorée par l’opération de dégazage en particulier pour les pièces étanches et les pièces critiques (taux de rebut, …).

Pourquoi le dégazage amène un plus sur la santé pièce ?
Le dégazage permet d’éliminer une bonne partie des oxydes, ce qui augmente la fluidité (facilité de s’écouler) jusqu’à 20 % (selon certaines sources) et la bonne venue de la pièce (absence de reprise) et la facilité de transmettre la pression 3ème phase (élimination des retassures en particulier).

Est-ce que l’on ne ré-oxyde lors du versement dans le four de maintien ?

Oui, bien sur, …, mais globalement, en dégazant, le niveau de propreté mesuré en four de maintien est supérieur à celui que l’on trouve sans dégazer. L’idéal serait de dégazer au rotor en four de maintien machine, ce qui n’est pas possible pour des raisons pratiques.

Est-ce utile de dégazer le métal pour des pièces sans caractéristiques particulières ?

Sans doute pas … mais il faut alors bien « briefer » le cariste que telle machine nécessite de dégaze et pas celle d’à coté (pièce moins critique).

Les « moins » du dégazage ?

Le dégazage nécessite un investissement initial, abaisse la température du métal (délai de traitement) à la livraison en four machine et nécessite du temps cariste supplémentaire et des consommable (canne, gaz, …).

Peut-on dégazer autrement qu’au rotor ?

Oui, en faisant « barboter » de l’azote en continue par exemple dans le four de fusion (en zone de puisage) ou dans les fours de maintien machine (plus coûteux). C’est plus simple que le rotor, mais l’efficacité est sans doute beaucoup plus réduite.

Peut-on dégazer les alliages de zinc et de magnésium ?

Le zinc, se transformant à plus basse température (400°C contre 700°C pour les alliages d’aluminium) et s’oxydant beaucoup moins ne nécessite pas de dégazage.

Le magnésium s’oxyde davantage que l’aluminium, mais les fours sont fermés et inertés par du gaz neutre et ne peuvent pas être dégazés au rotor.

Impact du dégazage sur la qualité du métal (mesures Porotec pour le gaz et Qualiflash pour les oxydes)

d_gazage_rotor