Notre rapport au sable ne se limite pas aux trois ou quatre semaines de congés d’été. Le sable fait partie de notre quotidien, il y est même omniprésent (béton, verre, microprocesseurs, route, ...). Pourtant, cette ressource dont nous avons tant besoin s’épuise. Elle est victime de pillages et d’une industrie toujours plus vorace. Un dossier très complet en 4 parties sur Gonsoglobe traite de la surexploitation du sable à l'échelle mondiale et le nous relayons sur My Little Blog Fonderie.

MEB sable de desert et de riviere

Bientôt une pénurie de sable ?
Peu d’entre nous s’en rendent compte mais le sable arrive en troisième position des ressources les plus utilisées, après l’air et l’eau. Le sable, avec 15 milliards de tonnes extrait par an est 5 fois plus exploité par exemple que le minerai de fer, ressource pourtant en tête des métaux. Il représente environ 200 usages quotidiens, allant de la filtration de l’eau à la fabrication de microprocesseurs (en silicium haute pureté) entrant dans la composition de nos produits de haute technologie. Le sable est aussi transformé en verre, c’est d’ailleurs l’une des principales utilisations. Évidemment, il est utilisé également dans les industries de la fonderie, comme le savent les lecteurs de ce blog.

- Sable                15 000 millions de tonnes/an
- Minerai de fer      3 320 millions de tonnes/an

À côté de ces domaines assez évidents, le sable se cache aussi dans des produits beaucoup plus inattendus : parce qu’il est source de dioxyde de silicium, on en trouve ainsi dans le vin, le papier, le dentifrice et des milliers d’autres choses. On se sert aussi du sable pour construire des avions puisqu’il entre dans la composition du plastique des réacteurs, de la peinture ou encore des pneus. En d’autres termes, dans notre société actuelle, le sable est un peu comme l’air ou l’eau : on ne peut pas vivre sans.

Le bâtiment, gros consommateur de sable
Là où le sable est vital, c’est bien pour le secteur du bâtiment. Avec les granulats, il forme la matière première du béton que l’on trouve dans quasiment tout type de construction. Parce que son coût de production est relativement bas, et qu’il présente des qualités inégalables, le béton armé est le matériau dominant à l’échelle planétaire. Or il est composé de 2/3 de sable et de 1/3 de ciment… Le sable est donc présent dans les 2/3 des constructions du monde entier. Outre le bâtiment, le secteur public est lui aussi très friand du sable puisqu’il en a besoin pour construire ses routes par exemple.

L’extraction du sable provoque des déséquilibres
Or le sable est une ressource non renouvelable. Pendant des années, le sable provenait de carrières qui s’épuisent. Face à ce constat et au besoin de s’approvisionner en cette ressource, on a décidé d’exploiter celui les rivières. Mais cela a eu deux conséquences catastrophiques pour l’environnement : d’une part, l’extraction du sable provoque des crues ; d’autre part, lorsqu’on décide d’extraire du sable des rivières, on empêche le remblai naturel des plages. En effet, le sable présent sur les plages provient de roches situées parfois à des milliers de kilomètres. Il est charrié par les rivières et les fleuves jusqu’à son arrivée dans les mers et les océans.

Le dernier endroit où trouver du sable est donc au fond de la mer. Pour aller chercher le sable au fond des océans, les industriels font intervenir d’immenses navires spécialisés capables d’extraire et emporter jusqu’à 400.000m³ de sable par jour. Ce pillage des fonds marins entraîne de graves conséquences sur l’environnement.

disparition_du_sable dans le monde

Le pillage du sable dans certains pays
Singapour qui poursuit sa frénésie importerait illégalement du sable des pays voisins comme le Cambodge, le Vietnam, la Malaisie et bien sûr l’Indonésie. Ceux-ci, conscients de l’impact catastrophique de l’exploitation du sable de leurs plages ont officiellement stoppé les échanges. Pourtant, Singapour continue son trafic au travers de trafiquants et de sociétés fictives, avec la complicité de l'état. Bien sûr, ce phénomène ne s’arrête pas aux frontières asiatiques. Le problème est mondial : les mafias viennent voler du sable partout. Le pillage du sable touche tous les pays du monde, sur tous les continents.

Au Maroc par exemple, la demande de construction explose. Le pays est devenu l’Eldorado des retraités et est depuis longtemps une destination privilégiée des vacanciers. Et il faut bien loger tout ce petit monde. Aujourd’hui, on estime que 40 % du sable a été volé sur les plages marocaines. De plus, ce sable est bien souvent mal lavé. Il n’est donc pas débarrassé du sodium présent dans l’eau de mer, ce qui rend les constructions vulnérables à la corrosion.

Exploiter le sable du désert ?
Alors, pourquoi ne pas exploiter le sable des déserts ? Malheureusement, les grains de sable sont beaucoup trop arrondis (et trop petits) et ne sont donc pas adéquats à une utilisation industrielle à-contrario des sables de rivière ou de mer qui présentent des grains angulaires qui permettent une bonne agrégation. C'est d'ailleurs vrai également en fonderie et les fondeurs ayant tentés d'utiliser du sable du désert ont eu de nombreuses déconvenues techniques et ont du généralement renoncer. Des fonderies du Maghreb ont ainsi été amené à importer du sable ...

Protéger le sable
La protection et l’exploitation raisonnée des ressources fait l’objet d’actions et de sensibilisation d’ordre politique (ou privé). On le voit pour l’eau ou pour les métaux par exemple. Même si le chemin est encore long vers une gestion durable ....

En revanche, la question du sable n’est que très rarement évoquée. Peut être parce que la ressource est considérée comme quasiment infinie ... N'hésitez donc pas à partager ce post.

Source : www.consoglobe.com