Pour la première fois, le 30 mars 2017, un Airbus A380 a embarqué un composant hydraulique de commande de vol imprimé en 3D. Le bloc vannes en titane de l'actionneur de spoiler (Spoiler Valve Block) a été fabriqué par la société Liebherr Aerospace. Il est 35 % plus léger que la pièce conventionnelle usinée dans une ébauche en titane. Une petite vidéo tournée à l' ILA Berlin Air Show 2016 nous présente les fruits d'un travail de R&D de 6 ans menée par Liebherr sur la fabrication additive.

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Airbus rattrape Boeing
Airbus refait peu à peu son retard sur Boeing. Le 10 avril, Norsk Titanium annonçait qu'il allait fournir à
l'avionneur américain des pièces en titane fabriquées en 3D. L'Agence aéronautique américaine (FAA) avait même homologué le procédé de fabrication, une première. Airbus n'en est pas à ce stade, mais l'avionneur européen se positionne dans la suite de son rival.


Encore du chemin à faire pour des pièces série
« Nous avons encore un certain chemin à parcourir avant de pouvoir introduire la technologie d’impression 3D à grande échelle dans l’industrie aéronautique », reconnaît Heiko Lütjens de Liebherr-Aeropsace Managing Director & CTO Flight Control and Actuation Systems, Landing Gear Systems and Hydraulics de Liebherr-Aerospace & Transportation. « Toutes les étapes de la chaîne de fabrication – de la matière en poudre au produit final, en passant par le paramétrage du laser et le post-traitement – doivent être optimisées afin d’améliorer la stabilité, la maturité et l’efficacité économique. Néanmoins, le potentiel et la vision de l’impression 3D changeront la façon de concevoir les futures générations d’avions. »

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Un composant hydraulique de commande primaire
On est encore loin de l'homologation, mais Airbus vient de réussir le premier vol d'essai d'un A380 équipé d'une pièce critique imprimée en 3D par Liebherr Aerospace. Même si la fabrication additive s'immisce déjà dans l'aéronautique, jamais l'avionneur n'avait utilisé ce procédé de fabrication sur un composant hydraulique de commande de vol primaire. Il s'agit du bloc vannes de l'actionneur de spoiler qui permet de déployer les aérofreins situés à l'arrière des ailes.

Les avantages de la fabrication additive
L'utilisation de l'impression 3D pour réaliser le bloc vanne en poudre de titane présente plusieurs bénéfices. Là où le procédé initial usinait une ébauche en titane, la fabrication additive dépose uniquement la matière nécessaire. Le résultat est immédiat : la pièce finale est 35% plus légère et conserve les mêmes caractéristiques. En utilisant moins de matière, l'avantage est également financier. Même si elle n'a pas encore été mesurée, l'économie pourrait devenir conséquente.

D'autres pièces en études chez Liebherr Aerospace
Liebherr-Aerospace & Transportation SAS travaille déjà à la conception de la prochaine génération de composants hydrauliques et électriques imprimés en 3D, comme par exemple un actionneur de gouverne de direction intégré. Contrairement à la version de fabrication classique, le bloc vannes et le boîtier imprimés en 3D sont intégrés en une seule pièce, tout comme le réservoir – toutes les pièces sont intégrées dans un boîtier monolithique et compact.

L'industrie aéronautique chamboulée
Si les tests menés par Airbus sont concluants, c'est toute l'industrie aéronautique européenne qui pourrait être chamboulée. Pour la même fonction, les avionneurs pourront utiliser des pièces plus petites, plus légères, et plus économiques. De quoi revoir la manière de concevoir des avions.

Source : www.aerobuzz.fr