Nous relayons l'article intéressant publié sur Alternatives Economiques qui met en évidence plusieurs faits révélateurs des changements en cours dans l'industrie manufacturière. Bonne nouvelle pour commencer, le nombre d'usines a cessé de diminuer en 2016. Les nouvelles usines sont davantage tournées vers les produits haut de gamme à haute valeur ajoutée, plutôt que vers la production de masse. Elles sont davantage capitalistiques et emploient moins de personnel que les anciennes unités de production à coût de construction équivalent.

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Une stabilité du nombre d'usines en 2016
En 2016, pour la première fois depuis le début de la crise, le solde des ouvertures et des fermetures d’usines a été nul en France : autant d’usines ont été ouvertes que fermées, selon l’Observatoire de l’emploi et de l’investissement, qui récolte ces données depuis 2009. « C’est la confirmation d’une tendance à l’amélioration qui est à l’œuvre depuis 3-4 ans », précise David Cousquer, fondateur de la société de conseil Trendeo, à l’origine de l’Observatoire.

Plusieurs facteurs favorables à la bonne santé de l'industrie
« Il a plusieurs facteurs favorables à la reprise de l’activité industrielle comme l’euro bas, le faible prix de l’énergie en 2016 et les mesures comme le Cice ou le pacte de responsabilité », remarque de son côté Thierry Weil, délégué général de La Fabrique de l’industrie.

Moins de salariés dans les nouvelles usines
Autre enseignement qui ressort des chiffres de l’Observatoire de l’emploi et de l’investissement : la forte teneur capitalistique des nouvelles usines. En clair, celles-ci emploient de moins en moins de salariés par rapport au capital qu’elles mobilisent.

Le montant médian de l’investissement pour les usines créées a ainsi fortement évolué en 7 ans :

  • 2009 - 10 millions d’euros pour un effectif de 30 salariés,
  • 2016 -  9 millions d’euros pour 20 salariés en 2016.

Soit un montant à peine moindre pour un nombre d’emplois diminué d’un tiers.

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Des usines plus petites
« Cela correspond à un mouvement de fond : les grosses usines s’ouvrent dans des pays en développement, tandis que les pays développés gardent le haut-de-gamme », affirme David Cousquer. L’appareil productif dans l’Hexagone se recentre sur des sites industriels à forte valeur ajoutée, que ce soit sur le produit, le processus de production ou sur les délais. « Ce n’est pas le seul ressort », estime de son côté Thierry Weil. « Chacun tend aujourd’hui à se spécialiser sur une étape de la chaîne de valeur et à acheter les sous-ensembles et les composants, ajoute-t-il. Il y a donc moins d’opérations sur un site industriel. De plus, la rationalisation conduit à avoir des machines ou des lignes de production plus flexibles et polyvalentes, mais moins nombreuses. Les flux tendus font qu’il y a moins de stocks. » Donc des usines moins grandes.

Cette stabilisation récente dans les fermetures d’usines ne saurait cependant gommer les mauvais chiffres de ces dernières années. Depuis la mise en place de cet Observatoire en 2009, 1 928 usines ont été fermées pour 1 327 ouvertes, soit un solde négatif de 601.

Source : www.alternatives-economiques.fr