La Chine est tiraillée entre le gouvernement central -qui doit donner des gages de bonne volonté à ses partenaires économiques internationaux qui l'accusent de dumping- en fermant des sites de production d'acier et entre les autorités locales qui cherchent à conserver les emplois dans leur provinces et rouvrent des nouveaux sites. Ainsi la Chine en 2016 aurait accru ses capacités de production d’acier de 36,5 millions de tonnes, l'équivalent de la production du Brésil et produit la moitié de l'acier de la planète qu'elle écoule à bas coût sur les marchés mondiaux.

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Les surcapacités de la Chine
En Chine, un nuage de pollution en dit parfois autant, sinon plus, que les statistiques économiques officielles. Fin 2016, toute une zone du nord du pays s’est retrouvée enveloppée dans un épais brouillard toxique. Une nuisance atmosphérique qui, à en croire l’ONG Greenpeace, a beaucoup à voir avec le rebond de la très polluante industrie sidérurgique dont Pékin assure pourtant vouloir réduire les surplus.

Dans un rapport publié lundi 13 février, et réalisé en collaboration avec le cabinet d’études chinois Custeel, l’organisation environnementale affirme qu’en 2016 la Chine a accru ses capacités de production d’acier de 36,5 millions de tonnes. Soit l’équivalent de la production annuelle du Brésil.

L’information n’est pas de nature à rassurer les producteurs mondiaux d’une industrie qui croule sous les
surcapacités. Ces dernières années, les pays émergents, et notamment la Chine, ont multiplié les lignes de production pour accompagner l’expansion de leurs économies. Mais la consommation n’a pas suivi. Résultat : depuis deux ans, la première économie mondiale, qui produit environ la moitié de l’acier de la planète, s’est attirée les foudres de ses partenaires commerciaux en écoulant à bas coût, sur les marchés étrangers, une bonne partie de ses surplus.

Des réouvertures de sites de production
Visé par des mesures de rétorsion commerciale de la part de l’Europe et des Etats-Unis, Pékin s’est engagé à réduire ses capacités de 100 à 150 millions de tonnes – sur un total d’environ 1,2 milliard – d’ici à 2020. Selon les chiffres officiels, des sites permettant de produire 85 millions de tonnes d’acier ont d’ailleurs été fermés l’an passé. Mais dans leur rapport, Greenpeace et Custeel soulignent que plus des trois quarts de ces aciéries étaient déjà en veilleuse.

Dans le même temps, certaines usines à l’arrêt ont redémarré leur production et d’autres lignes ont même été ajoutées. « Aussi impressionnants soient-ils, les objectifs chinois de réduction de capacités ne suffiront pas à limiter les excès tant que les autorités locales manœuvreront pour protéger les aciéries zombies », a analysé Lauri Myllyvirta, chez Greenpeace.

C’est là le nœud du problème. « Les fermetures sont des décisions difficiles à prendre pour les gouvernements des régions, soucieux de protéger leurs bassins d’emploi », explique Gaëtan Michel, de l’agence de notation Standard & Poor’s.

Source : www.lemonde.fr