Capsules de café, opercules de bouteilles de lait, ...,  les petits emballages en aluminium sont une mine pour le recyclage de ce métal, et représenterait un potentiel de 60 000 tonnes/an en France qui commence à peine à être exploité (1000 t. recyclé), à la différence des canettes ou des aérosols. Mais trop petits ou trop légers, une très grande partie de ces déchets souples échappent au tri traditionnel dans les centres spécialisés. Le tri sélectif en amont par les ménages, l'équipement des centres de tri en séparateurs à courant de Foucault et la pyrolyse au niveau industriel (pour séparer produit organique et métal) pourraient permettre de récupérer à termes une part importante (50 %) de ce gisement.

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Des déchets qui échappent au tri
Trop petits ou trop légers, ces déchets échappent au tri dans les centres "où tout ce qui est plus petit qu'un pot de yaourt tombe par terre et n'est pas valorisé", explique Angeline Charbonnier, déléguée générale adjointe du Celaa, le Club du recyclage de l'emballage léger en aluminium et en acier.

Le Celaa
Le Celaa (Club du Recyclage de l'Emballage Léger en Acier et en Aluminium) regroupe des entreprises de l'agroalimentaire (Nespresso, Bel, Materne, Coca-Cola European Partners, ...), des fabricants d'emballages métalliques (Alltub, Ball Packaging, SNFBM...) et des opérateurs du recyclage (France Aluminium Recyclage, Veolia...). Avec notamment Eco-Emballages, l'organisme chargé de gérer les déchets ménagers, et l'Association des maires de France, le Celaa a lancé en 2014 un projet de recyclage de ces déchets négligés jusqu'à présent, à la différence des emballages rigides comme les canettes, les boîtes de conserve ou les aérosols.

Un gisement de 60 000 tonnes d'emballage aluminium souple
Les emballages souples, comme les feuilles d'aluminium, de petite taille comme les capsules et les bouchons, ou complexes, c'est-à-dire mêlant couches d'aluminium et de plastique, comme les gourdes, représentent pourtant un gisement considérable. Selon une étude financée par Eco-Emballages, "le gisement total des emballages en aluminium est de 100.000 tonnes, et sur ces 100.000 tonnes, il y a 60.000 tonnes d'emballages souples, légers et petits", indique Mme Charbonnier. La part de ces emballages est donc "plus importante que celle des canettes et des aérosols".

Balbutiements
Pourtant, leur recyclage n'en est qu'à ses balbutiements. En incluant les expérimentations menées dans des centres pilotes à partir de 2010, jusqu'à présent, "entre 800 et 1.000 tonnes d'aluminium léger ont pu être triées et recyclées", indique la responsable du Celaa. Seulement douze centres de tri, couvrant cinq millions d'habitants, sont aujourd'hui impliqués et équipés en machine de tri à courant de Foucault. En moyenne, ils ont augmenté de 50% leur tonnage d'aluminium destiné au recyclage, selon le Celaa. Un début ...

Tri par courant de Foucault de l'aluminium
Aujourd'hui soutenu par d'autres entreprises de l'agroalimentaire (Materne, Coca-Cola European Partners), des fabricants d'emballages métalliques et des opérateurs spécialisés dans le recyclage, le Celaa accompagne notamment les centres de tri qui souhaitent investir dans les machines de Foucault (150 000 € en moyenne) à établir leur business model. "Nous démarchons directement les plus grands", souligne Angeline Charbonnier.

Pour pouvoir amortir un investissement moyen de 150.000 euros, il faut en effet un flux d'emballages et de papiers issus de la collecte sélective d'au moins 20.000 tonnes, jetés par quelque 400.000 habitants, estime en effet le Celaa. Il sera compensé grâce à la moindre quantité de déchets résiduels devant être enfouis ou incinérés, mais aussi aux soutiens versés pour chaque tonne d'aluminium recyclée par Eco-Emballages (278 euros) et par le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums mis en place par Nespresso (300 euros). Le Celaa espère atteindre en 2017 les dix millions d'habitants, avec la modernisation de trois ou quatre centres de tri supplémentaires.

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Pas de recyclage en four de fusion, mais par pyrolyse
Autre difficulté: les emballages légers ne peuvent pas être recyclés dans la filière traditionnelle de recyclage des emballages en aluminium classique. L'aluminium classique --rigide et assez épais--, est recyclé dans des fours de fusion dont la température est trop élevée pour les emballages petits, souples ou complexes qui finiraient brûlés et oxydés. Seule la pyrolyse, qui brûle les produits organiques (plastiques, vernis, laques, papiers) mais laisse l'aluminium intact grâce à une température moins élevée, peut être utilisée.

La pyrolyse réalisée en Allemagne
Les emballages en aluminium souples sont actuellement envoyés chez Alunova Recycling GmbH, une usine en Allemagne, proche de la frontière. Une usine française qui faisait de la pyrolyse sur d'autres types de déchets s'est manifestée très récemment et pourrait représenter un nouveau débouché en 2017.  Oui, ce serait bien de faire de la pyrolyse en France (de la technologie, du développement durable et des emplois).

Encourager le tri des particuliers
Reste aussi à encourager les habitants à trier leurs emballages métalliques. "Quand des consignes de tri ont été communiquées aux habitants, en moyenne, on constate une hausse de 20% de la collecte", précise Mme Charbonnier. Dans le centre de tri de Nanterre par exemple, "le tonnage des emballages légers en aluminium est passé de 32 tonnes en 2015 à 51 tonnes" pour les neuf premiers mois de 2016, après une campagne de sensibilisation, témoigne Hervé Marseille, président du Syctom, l'agence métropolitaine des déchets ménagers, cité dans un document du Celaa.

Le taux de recyclage de l'ensemble des emballages en aluminium est passé de 32% en 2012 à 41% en 2015, rappelle le Celaa.

Selon une étude financée par Eco-Emballages, un taux de 60% peut "être raisonnablement envisagé" si chaque habitant "trie 10 canettes et 50 petits emballages supplémentaires chaque année" et si le tri s'améliore pour capter 80% des aluminiums rigides et 50% des aluminiums légers.

Source : www.latribune.fr