Des caméras de thermographie infra-rouge "made in CEA" seront utilisées pour la première fois sur le tour de France qui démarre dans quelques jours pour détecter le dopage mécanique et les mini-moteurs d'assistance. He oui, quand les méthodes de triche montent en gamme, les contre mesures font appel, elles aussi, à des technologies plus sophistiquées. Il est loin le temps où les coureurs se dopaient au Pastis avant le départ ...

dopage mecanique

Une technologie mise au point par le CEA
Ces caméras thermiques, qui permettent de détecter un moteur placé dans un vélo, ont été mises au point par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à la demande du gouvernement français. "Il est très important qu’on puisse détecter une tricherie », a estimé le président de l’Union cycliste internationale (UCI), Brian Cookson. Il y aurait donc de la tricherie dans le cyclisme ... j'en reste abasourdi.

La caméra thermique high-tech du CEA a été utilisée à titre expérimental pendant le week-end lors de trois courses des Championnats de France à Vesoul, a révélé David Lappartient. « Ces tests ont été concluants. Même un moteur à l’arrêt aurait pu être détecté », a déclaré le président de la FFC, qui a aussi fait procéder à un démontage physique des vélos.

En effet, tout moteur électrique n'a pas un rendement égale à 100 % (qui correspondrait à une conversion parfaite de l'énergie électrique en énergie mécanique). Une partie de l'énergie est donc transformée en énergie thermique (perte de rendement) qui se dégage vers l'extérieur de la structure du vélo et est donc repérable par thermographie infra-rouge. Les caméras actuelles ont une sensibilité de quelques dixièmes de degrés, ce qui est bien suffisant pour détecter un dégagement de chaleur suspect.

Des caméras à bord d'helicoptère
Le directeur de la recherche fondamentale au CEA, Vincent Berger, a expliqué le principe de fonctionnement de cette caméra, qui détecte les différences de densité des matériaux en fonction de leurs propriétés thermiques. « La caméra choisie est portable, son opérateur peut être sur une moto ou au bord de la route », a-t-il précisé en ajoutant qu’on pouvait même imaginer à l’avenir une caméra à bord d’un hélicoptère. Ni le coût ni le financement de ce dispositif n’ont été détaillés par Thierry Braillard. « Ce n’est pas le gouvernement qui paie, mais le gouvernement a été aux côtés des organisateurs du Tour et de la Fédération française », a-t-il simplement précisé.

Le secrétaire d’Etat aux sports a, par ailleurs, évoqué un prochain texte de loi qui sera déposé à l’automne et devrait créer un délit pénal pour la fraude technologique. Un premier cas de ce type a été détecté en janvier dernier sur le vélo d’une jeune concurrente belge lors des Mondiaux de cyclo-cross. Le président de l’UCI a confirmé la multiplication, pour le Tour de France, de contrôles au moyen de systèmes différents, avec des caméras thermiques ainsi qu’avec les tablettes à résonance magnétique utilisées tout au long de la saison par l’UCI au départ et à l’arrivée des étapes.

Source : www.lemonde.fr