L'ouvrage de l'économiste français Thomas Piketty, "Capital in the Twenty-First Century" (Le Capital au XXIe siècle) qui traite de la montée des inégalités de revenus s'est classé numéro un des ventes aux États-Unis sur Amazon (1 million d'exemplaires vendus) un mois après sa sortie aux Etats-Unis. Certains citent déjà son ouvrage comme une référence.

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Un ouvrage très documenté
Thomas Piketty travaille depuis 15 ans à la rédaction de son ouvrage, en collaboration avec d'autres économistes du monde entier. Il a en particulier collationné de très nombreuses données qui rendent incontestable les chiffres qu'il avance. De plus, son ouvrage décrit une situation sur plusieurs continents (USA, Europe) en replaçant les choses dans un contexte historique et social sur le long terme.

La vidéo de l'interview de Thomas Piketty

Des conclusions
Thomas Piketty, dans son ouvrage de 1000 pages, met en lumière :

  • Une tendance historique sur le long termes à l'accumulation du capital (qui a rendement de 5 % par an supérieur à la croissance). Les 2 guerres mondiales en Europe ont détruits massivement du capital et rétablit une plus grande égalité. Depuis, on assiste à une ré-accumulation du capital (10 % des plus riches possèdent 60 % du capital)
  • Le fait que Marx a négligé l'effet de la croissance, mais que les libéraux l'ont surestimé
  • Les tendances actuelles (accumulation de capital et inégalité croissante) qui sur le long termes ne sont pas tenables
  • Les inégalités sociales se sont creusées depuis 30 ans en particulier au USA, mais également en Europe (dans une moindre mesure) par accumulation du capital. Pour Piketty, la solution est l'imposition progressive du capital (une sorte de super ISF à l'échelle international)
  • Un impôt trop faible sur les grandes entreprises en Europe (plus faible qu'aux États-Unis) et surtout un manque d'harmonisation fiscale en Europe dont tirent profit les grands groupes (optimisation fiscale) en choisissant avec soin certains pays (Luxembourg,...) aux taux d'imposition très faible pour établir leur siège et échapper en très grande partie à l'impôt, ce que ne font pas les PME et ETI
  • Une corrélation importante (au cours de diverses périodes historiques) entre faible inflation et fort taux de chômage. Selon lui, la banque centrale européenne devrait laisser filer l'inflation (vers les 4 - 5 %), ce qui permettrait de plus de réduire mécaniquement la dette des états et le chômage en Europe.

Thomas Piketty témoigne
« Ce n'est pas étonnant que le problème soit très présent dans le débat américain. Le retour des inégalités inquiète ici, explique l'économiste. C'est un pays qui a une tradition égalitaire très forte, qui s'est construit autour de cette question en opposition à une Europe elle-même confrontée à des inégalités de classe ou patrimoniales. Ensuite, il ne faut pas oublier que ce sont les États-Unis qui, il y a un siècle, ont inventé un système de fiscalité progressive sur les revenus justement parce qu'ils avaient peur de devenir aussi inégalitaire que l'Europe. »

Si tous les économistes s'accordent sur la qualité du travail réalisé, ils ne sont cependant pas tous d'accord sur les conclusions que Thomas Piketty en tire et en particulier sur l'imposition progressive du capital.

Source : www.lemonde.fr