General Electric (GE) est entré en négociation avec Alstom pour reprendre sa branche énergie, Alstom Power, qui représente 70 % des activités du groupe français. Le gouvernement français ne souhaite pas exclure d'autres pistes dont l'allemand Siemens afin de construire un "Airbus de l'énergie", proné par la présidence de la république encore récemment.

Des négociations en cours Le patron de GE, Jeffrey Immelt, pour poursuivre les discussions entamées avec la direction d'Alstom, devrait également être reçu par Arnaud Montebourg, le ministre de l'économie. Patrick Kron, le patron d'Alstom aurait imaginé seul la reprise d'Alstom, ce qui est moyennement apprécié par le gouvernement qui tenterait de réactiver en urgence des pistes imaginées depuis quelques temps pour venir en aide au français en difficulté financière. Siemens s'est dit prêt à "échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future".

ALSTOM Power Ge general electric siemens reprise

La stratégie du gouvernement

François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier a évoqué le concept d'"Airbus de l'énergie" qui conduirait à la naissance d'un géant européen. Cependant Alstom a toujours refusé d'entrer en contact avec Siemens. Dans ce dossier sensible, l'entourage de François Hollande a assuré que le gouvernement serait « vigilant » sur trois points concernant le dossier « L'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique. »

Alstom  
Alstom, qui pèse 20 milliards d'euros a plusieurs activités industriels
- L'énergie (Alstom Power), qui représente près de 70 % de l'activivité du français. Alstom power est présent dans l'énergie éolien, dans les centrales à gaz, dans le solaire et enfin dans l'hydroélectricité et le nucléaire. En particulier, 30 % des centrales nucléaires mondiales utilisent des turbines Alston
- Le transport ferroviaire (Alstom Transport) avec en particulier la fabrication de rames de métro, tramway, trains régionaux, TGV. Alstom transport est présent également dans la construction d'infrastructure et l'offre de service. Alstrom Transport n'est pas concerné par la reprise en cours de discussion.
- Alstom Grid, pour la gestion de réseaux énergétiques en particulier.

Les deux repreneurs potentiels
Les 2 repreneurs potentiels d'Alstom ont des profils bien différents :
- L'allemand Siemens pèse 75 milliards d'euros (362 000 salariés au niveau mondial) et concentre ses activités principalement sur les marchés de l'énergie , des transports et de l'automatisation
- Le géant Nord-américain General Electric , quant-à lui, représente 80 milliards d'euros. GE a des activités très diversifiés,
*prestations de services financiers (30,9%) : destinées aux entreprises (affacturage, crédit-bail, ...) et aux particuliers (crédit à la consommation, crédit automobile, crédit immobilier, etc.)
*fabrication d'équipements d'infrastructures (27,4%) : moteurs d'avions, locomotives, turbines à gaz, équipements pétroliers et gaziers, centrales clés en main, -prestations de technologie d'infrastructures (24%)
*fabrication de systèmes d'imagerie médicale (12,3%)
*fabrication de biens d'équipements domestiques et industriels (5,4%) appareils électroménagers, produits d'éclairage, équipements électriques et de contrôle basse tension, détecteurs, alarmes, systèmes de contrôle d'accès, caméras, automates programmables, capteurs de gaz, de température et de pression, etc. En outre, le groupe développe des activités de diffusion de chaînes TV, d'édition et de distribution de cassettes vidéo et DVD.

La répartition géographique du CA de GE est la suivante : Etats-Unis (47,8%), Amériques (8,9%), Europe (18,6%), Pacifique (16,6%), Moyen Orient et Afrique (8,1%).  GE emploie 11 000 personnes en France.

Autres pistes
D'autres pistes sont évoquées pour favoriser une plus forte participation française : - céder la division "réseaux et distribution d'électricité" d'Alstom à Schneider Electric - Passer la branche éolienne offshore à Areva

Source : www.lemonde.fr