Les banques d'affaire nord-américaines Goldman Sachs et JP Morgan sont accusées de manipuler le cours de l'aluminium en déplaçant leurs stocks entre différents entrepôts, ce qui génère des files d'attente lors de commande, allonge les délais de livraison, génère des primes pour les clients souhaitant être livrés rapidement, ce qui se répercute sur l'ensemble du marché et permet de gonfler artificiellement le cours du métal.

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Plusieurs plaintes
La plainte émane d'un des gros utilisateurs d'aluminium outre-atlantique, MillerCoors, un brasseur utilisant des canettes. Selon MillerCoors, le prix de l'aluminium auraît été gonflé de 3 milliards de dollars l'an dernier au niveau mondial. Une autre plainte en nom collectif a été déposée en Floride, le 7 août, accusant le London Metal Exchange (LME), Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Glencore Xstrata d'entente illégale dans le stockage d'aluminium.

La technique de fraude suspectée
Le processus est simple car la loi oblige les détenteurs d'aluminium à faire physiquement sortir chaque jour 3000 tonnes de leurs entrepots, mais elle ne dit pas à qui cet aluminium doit être livré. Il suffit alors de déplacer en toute légalité de l'aluminium d'un entrepot à l'autre. Goldman Sachs stocke ainsi physiquement de l'aluminium dans 27 entrepots autour de Détroit. Le New York Times, après enquête, révèle qu'une flotte de camions transportent dans un va et vient quotidien de l'aluminium entre un entrepôt et un autre. Ce déplacement de marchandise permettrait d'allonger les délais de livraison qui peuvent passer de six semaines à plus d'un an. Et plus le stockage est long et plus la facture pour le client est élevée car ceux qui veulent être livrés rapidement paient une prime.

Le contrôle des matières premières par les banques d’affaires comme Goldman Sachs « leur permet à la fois de prévoir et d’influencer les prix des matières premières et donc de déterminer la tarification des produits dérivés et en particulier les fonds spéculatifs sur les matières premières », explique US News.

Le rôle pas si clair du LME
Le LME (London Metal Exchange) qui devrait jouer son rôle de régulateur sur ce marché n'est pas neutre et est partie prenante car le LME touche 1 % des locations d'entrepôts et est loin d'être indépendant puisque détenue jusqu'à l'an dernier par des banques dont Golman Sachs.

La FED enquête
Face à la recrudescence d'accusations de fraudes, la Banque centrale américaine (Fed) enquête sur les actifs physiques de matières premières détenus par de très nombreuses banques. Elle pourrait en particulier revenir sur l'autorisation donnée en 2003 de mener de telles activités en marge de leurs négoces de dérivés et courtage de matières premières.

Démenti de Goldman Sachs
La banque dément toute manipulation et conteste que le stockage de l'aluminium puisse faire grimper les cours. On les croirait volontiers, au vu de la réputation de profonde honneteté qui entoure l'ensemble de leurs activités.

Source : www.bfmtv.com