Le Japon, confronté à de sérieux problèmes économiques, tente de dévaluer sa monnaie, pour rendre ses produits plus compétitifs et booster ses exportations. Le yen vient de passer en dessous du seuil symbolique des 100 yens pour un dollar. Cette dépréciation de la monnaie nippone n'a cependant pas que des avantages pour les industriels qui achètent plus chers les matières premières nécessaires à l'industrie. A terme, cette nouvelle politique monétaire plus agressive aurait pour objectif de faire sortir le pays du soleil levant du cycle de la déflation d'ici 2 ans.

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Le Japon, un géant en convalescence
Le Japon souffre de plusieurs maux importants :

  • Un vieillissement de sa population qui réduit le nombre d'actifs, limite la consommation des ménages et fait peser une charge considérable sur les régimes de retraites
  • Une dette très conséquente de 240 % du PNB annuel. A noté que cette dette est détenue en majorité par des banques du pays
  • Une déflation qui dure depuis presque 20 ans et dont le pays a du mal à sortir. Cette déflation augmente mécaniquement la dette du pays et ne pousse pas à la consommation des ménages (chaque année, les prix diminuent ...)
  • La concurrence de géants régionaux (Chine, Corée du Sud), qui montent en gamme progressivement et concurrencent les produits nippon

Un premier effet positif de la baisse du yen
La rupture de la politique économique du Japon - surnommé "Abenomics" du nom du premier ministre Shinzo Abe- et qui consiste en une baisse du yen, via une émission sans complexe et massive de liquidité - la fameuse "planche à billets" - a déjà eu des effets positifs sur l'économie réelle et sur le secteur spéculatif

  • Un excédent japonais en mars de 1 250 milliards de yen (plus de 9 milliards d'euros), niveau le plus élevé depuis 1 an, grace à une baisse du déficit commercial. Cette thérapie de choc du premier ministre nippon doit permettre un doublement de la masse monétaire en circulation d'ici 2014
  • L'indice Nikkei (bourse de Tokyo) a grimpé de 40 %
  • Des bénéfices importants pour les grands groupes japonais comme Toyota

Une guerre des monnaies et une incertitude sur l'efficacité à long terme
Mais la démarche du Japon (relancer l'inflation pour échapper à la déflation) pourrait rallumer une guerre des monnaie (d'autres pays comme le Corée du Sud, la Nouvelle Zélande ou l'Australie ayant annoncés avoir révisé leur politique monétaire) ou donner des idées à l'Europe et aux États-Unis pour relancer la croissance et se désendetter. Mais, revers de la médaille, si les mesures "non conventionnelles" de la Banque du Japon ne marchent pas, cela pourrait énormément augmenté la dette du pays.

Source : www.lemonde.fr