Areva et Mitsubishi viennent de décrocher une grosse commande de la Turquie pour 4 réacteurs Atmea1 pour un montant total de 16 milliards d'euros. Pour Areva, cela représente un montant entre 2 et 3 milliards d'euros et le premier gros contrat depuis la vente de 2 réacteurs EPR en Chine en 2007. La victoire du consortium franco-japonnais marque symboliquement la reprise du développement du parc nucléaire au niveau mondial, 2 ans après la catastrophe de Fukushima.

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Atmea, un réacteur de 3ème génération
Areva et Mitsubishi Heavy Industries sont réunis depuis 2007 au sein d’Atmea, une coentreprise d’ingénierie qu’ils détiennent à parts égales. Ils vont fournir à la centrale de Sinop, basée sur la Mer noire, 4 exemplaires du réacteur Atmea 1. Atmea est un réacteur de troisième génération à eau pressurisé de taille moyenne (puissance de 1.100 mégawatts) et bénéficiant de technologies issues de la coentreprise (résistance anti-sismique, faible échauffement de l'eau, rendement et sécurité améliorée). La mise en service des 2 premiers réacteurs interviendrait en 2023-2024 après une phase d'études préliminaires. Ce type de réacteur, de taille moyenne, a été spécialement conçu pour les pays en voie de développement ou ceux dont l'état du réseau électrique ne permet pas de connecter des réacteurs plus puissants. Ces pays sont aussi ceux dont la demande en énergie croit le plus vite et dont la population n'est pas opposée au développement du nucléaire.

Une offre intégrant des modalités de financement
La technologie franco-japonaise des 2 leaders Areva et Mitsubishi a fortement comptée dans la décision du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre Turque. Mais l'offre de financement par des banques publiques et privées japonaises a également compté dans la décision face à des concurrents chinois. GDF Suez, également dans le consortium, pourrait devenir co-exploitant de la centrale avec un électricien turc. Au delà du contrat avec la turquie, Atmea 1 intéresserait d'autres pays comme le Vietnam, la Jordanie ou l'Argentine, où les gouvernements ont émis de l’intérêt pour ce réacteur.

Source : www.lesechos.fr