Les pays arabes ont connus, selon le Cercle des économistes arabes, le pire des modèles économique, qualifié de "crony capitalism". Après leur révolution politique (Tunisie, Egypte, Libye, ...), il leur reste à accomplir maintenant leur révolution économique permettant d'accéder à un modèle économique équitable et viable, porteur de perspectives.  

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Révolution au proche orient, du politique à l'économique

Le "crony capitalism"
Le "crony capitalism" ou capitalisme des copains a permis au proche orient l'enrichissement d'une poignée de personnes, les dirigeants, leur famille et quelques milliers de proches au pouvoir. Ce modèle économique était basé sur l'exploitation des matières premières (pétrole, ...) et sur un positionnement low-cost, social comme fiscal, de leur pays dans l'économie mondial.

La corée du sud par exemple, avait le même positionnement low-cost (dans le textile dans les années 1960) mais est, par un apport massif de technologies, montée en gamme en une dizaine d'années. La Turquie est en train de devenir elle aussi une puissance émergente importante.

Changement de paradigme des économies du proche orient
Pour satisfaire les revendications sociales et économiques de leur peuple, les économies du proche orient devront changer de paradigme et de modèle.

Les pistes suggérées sont :

  • La création d'une zone de libre-échange régionale entre démocraties. Cette intégration doit d'abord être locale et ne s'inscrit pas dans le projet d'Union pour la méditerrannée prônée par la France;
  • Une stratégie d'investissement locaux massifs en infrastucture et en formation pour développer à la fois l'offre de marchés et de services, mais aussi le marché intérieur. Ces investissements pourraient être soutenues par un "plan Marshall"

"Le vrai problème des économies arabes est la transition vers une industrie - jusqu'ici dominée par les activités exigeant une main-d'oeuvre importante -, vers des produits de haute technologie. Il y a bien eu des tentatives de montée en gamme dans la "supply chain" occidentale : usine Renault au Maroc, sous-traitants aéronautiques en Tunisie, centres d'appels... Mais elles n'ont pas suffisamment pris le relais d'une industrie textile où dominent les bas salaires, ou d'un tourisme en difficulté à cause de la crise mondiale", estime par ailleurs l'économiste Hakim Ben Hammouda.

La révolution libère les énergies
Le Golfe, le Maghreb et le pourtour méditerranéen sont dotés, globalement, des ressources humaines, entrepreneuriales, financières et en matières premières propices à un régime de croissance très fort. Les révolutions arabes pourraient libérer des énergies nouvelles.

Source : Le monde économie - 18 avril 2011 - Antoine de Reverchon et Adrien de Tricornot