Ne cherchez par le moteur sous le capot... Il est dans les roues. Signé du constructeur français Heuliez, sur base d'Opel Agila, un prototype (la Will) intègre le procédé Active Wheel, développé par Michelin. La nouveauté ? Moteur et suspensions, tous deux électriques, sont logés dans chaque roue. La jante abrite en effet deux moteurs électriques, une suspension active, un ressort de suspension, un disque et un étrier de frein.

Une révolution de la miniaturisation
Une « révolution » qui donne aux « constructeurs les moyens de repenser intégralement l'automobile », selon Michel Rollier, patron de Michelin. « L'idée n'est pas fondamentalement nouvelle. Ce qui est révolutionnaire, c'est d'être parvenu à la réaliser, en relevant le défi de la compacité », se félicite Patrick Oliva, directeur de la prospective et du développement durable chez Michelin.

Active_Wheel
Active Wheel (Michelin)

Le coût ?
Quant au coût, « il n'y a aucune raison que ce procédé soit cher », précise Patrick Oliva. L'objectif à terme, après 100 000 véhicules produits, est que le prix ne soit pas plus élevé que le véhicule équivalent en essence. A quand des Will sur les routes de France ? Michelin table sur une commercialisation en 2010 pour les entreprises et les collectivités et 2012 pour les particuliers.

Deux moteurs électriques
Le premier moteur sert à la traction du véhicule et développe 30 kW. Le second fournit de l’énergie à la suspension active. Ainsi, propulsion et suspension recourent uniquement à l’électricité. Les deux premiers véhicules équipés de cette Active Wheel sont la Heuliez Will et la Venturi Volage.

La première se contente de deux roues de ce type alors que la sportive Venturi utilise quatre Active Wheel. L’un des avantages de ce système réside dans la suppression du moteur à explosion classique mais également de la transmission et de la boîte de vitesses.

La miniaturisation a permis à Michelin de concentrer les organes principaux d’un véhicule dans une jante. Cette technologie nécessite cependant une source d’énergie électrique mais s’adapte à toutes les types de batteries, à des super-condensateurs ou à une pile à combustible. Le constructeur automobile peut donc utiliser l’Active Wheel en restant maître de la technologie employée. Il peut également proposer des véhicules à deux ou quatre roues motrices. Avec un temps de réaction de 3/1000e de seconde, la suspension électrique corrige tous les mouvements de roulis et de tangage.

Conséquences sur le long terme en cas de perçée de la technologie
Si les deux modèles équipés de cette roue très spéciale restent destinés à des marchés spécifiques, cette technologie pose une question importante pour l’avenir des professionnels de l’automobile. En effet, à l’absence de moteur classique et donc des pièces s’ajoute à la disparition de la transmission, de la boîte de vitesses, de l’embrayage, du différentiel et des amortisseurs. Autant de marchés importants en après-vente... et en fonderie sous pression.

Source : Auto Infos (site du Business automobile)



Novembre 2008