Le recyclage des métaux s'avère de plus en plus indispensable devant la raréfaction des réserves prouvées de métaux (28 ans pour le plomb par exemple). L'aluminium aurait 220 ans de réserve.

La société Recupyl a mis au point un procédé capable de récupérer 98 % des métaux contenus dans les batteries des téléphones portables et autres appareils électriques.

Il n'y a pas que le pétrole qui risque de manquer à l'avenir. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire des matières premières, il ne resterait plus, au niveau mondial et au rythme de consommation actuel, que 40 ans de réserves prouvées de cuivre, 28 ans de plomb et seulement 17 ans d'étain. Si la situation est un peu meilleure pour le fer (440 ans) et l'aluminium (220 ans), leur filon n'est pas non plus éternel. «Il faut d'ores et déjà penser à exploiter une nouvelle mine : celle du recyclage dont ces chiffres alarmants ne tiennent pas compte», explique Farouk Tedjar, président-fondateur de la société Recupyl SAS, basée à Domène (Isère), qui a reçu fin juin 2008 des mains du secrétaire d'État à l'Industrie, Luc Chatel, le prix Pierre Potier de «l'innovation en chimie pour le développement durable». Son entreprise vient de mettre au point un procédé révolutionnaire capable de récupérer la quasi-totalité (jusqu'à 98 %) des métaux contenus dans les batteries lithium-ion qui équipent les téléphones et les ordinateurs portables mais aussi les appareils photo numériques, les caméscopes et les voitures électriques. Le tout à température ambiante et donc avec une dépense énergétique très réduite.

Le rendement est étonnant : Recupyl obtient 130 kg de cobalt, 290 kg d'acier inox, 85 kg de lithium, 80 kg de cuivre et 240 kg de résidus (papier, plastiques) à partir d'une tonne de batteries.

Ce qui permet de remplacer l'extraction et le transport de plusieurs tonnes de minerais. Le procédé s'adapte également très bien aux nouvelles batteries lithium-phosphate de fer actuellement en plein essor. Outre l'aspect récupération de matières premières amenées à devenir de plus en plus rares et chères, le procédé Recupyl évite que les métaux polluants contenus dans les batteries usagées, comme le cobalt ou le lithium, ne souillent les milieux naturels. Autre avantage, le faible coût de l'installation permet d'envisager la création de centres de retraitement de proximité, évitant ainsi les consommations énergétiques et les dégagements de CO2 générés par le transport des batteries usagées sur de longues distances.

Source: Le Figaro (7/07/2008)


Septembre 2008